
Quel est la nature des évolutions rendues possibles par le développement des TIC ?
Les différentes vagues de développement technologique (voir schéma ci-dessus) ont toutes, à des degrés divers, eu un impact profond sur le développement socio-économique et celui des organisations donc indirectement sur la société toute entière. Ce qui est nouveau aujourd’hui réside dans le fait que ce ne sont plus uniquement les processus métier qui sont concernés par le développement des TIC, mais l’ensemble des processus d’affaires.
En effet, pour s’adapter aux nouveaux comportements des consommateurs ou sous la pression de la concurrence, les entreprises sont appelées à repenser leurs processus et la façon dont elles interagissent avec leurs parties prenantes. La transformation numérique déplace la valeur au sein des secteurs, qu’il s’agisse de secteurs industriels ou des services, que les entreprises opèrent auprès de clientèles industrielles ou dans les secteurs grand-public.
- Quelles sont les composantes de la transformation numérique ?
- Quels en sont les impacts au niveau des échanges économiques ?
I – Les composantes de la transformation numérique
Automatisation – Dématérialisation – Désintermédiation
Chacun de ces 3 effets interagit avec les autres
A : L’automatisation
L’automatisation industrielle remplace progressivement le travail par des machines, c’est indéniable.
Dans un souci de compétitivité le nombre de machines industrielles utilisées dans la plupart des procédés de fabrication augmente de manière considérable (notons que cela implique une augmentation de la consommation d’énergie !) Du fait qu’il soit désormais possible de commander une machine à partir d’un ordinateur cela risque d’entraîner la suppression des postes tous les employés dont le rôle consiste principalement à actionner les machines et vérifier que les opérations se déroulent correctement.
Les conséquences de l’automatisation de l’industrie sont inquiétantes puisque selon une étude réalisée par les chercheurs de l’université d’Oxford, il ressort qu’en l’espace de 20 ans près de 47 % des métiers exercés actuellement sont sur le point de disparaître. Les industries font surtout appel aux techniciens et ingénieurs hautement qualifiés pour programmer les robots aux nouvelles conditions du marché.
On voit donc la nature de la problématique :
Les emplois deviennent de plus en plus qualifiés. Or tout le monde ne pourra pas atteindre les niveaux de qualification exigés.
Les débats sont nombreux sur les effets de l’automatisation et l’engrenage dans lequel l’économie est engagée à ce niveau.
L’automatisation est certes bénéfique pour l’entreprise puisqu’en investissant sur ces appareils sophistiqués, on profite d’une machine-outil capable de produire en série et en grande quantité, tout en réduisant le nombre des produits défectueux. Certaines industries fonctionnent entièrement avec un système de communication interne garantissant une synchronisation de tous les équipements. Cette ère de la robotisation annonce une grande vague de chômage technologique. La révolution numérique est un phénomène qui entraîne la perte de nombreux emplois.
B : La dématérialisation
La dématérialisation consiste à substituer à un produit physique existant, un produit n’ayant aucune existence physique ou un service.
Exemple : La dématérialisation des documents
Le mail permet la circulation d’informations sans nécessiter l’utilisation d’un quelconque support matériel.
La dématérialisation c’est aussi la possibilité de mettre à la disposition des citoyens des services en ligne leur permettant d’avoir des guichets virtuels accessibles 24H/24. La dématérialisation n’est pas à proprement parler une mode mais doit bel et bien être considérée comme un nouveau mode de gestion administrative destiné à améliorer le fonctionnement des entreprises et des organisations d’une manière générale.
La conséquence principale de la dématérialisation, c’est d’entrainer à terme la réduction significative, voire même la disparition, des produits matériels auxquels elle se substitue.
Globalement, la dématérialisation permet de réaliser des économies en matériaux, en énergie, en transport et en produits non durables.
Les entreprises ont compris qu’elles avaient tout à gagner en mettant en œuvre une stratégie de dématérialisation (gains de temps, réduction du nombre de papiers imprimés, meilleure communication interne et externe, l’amélioration de la productivité)
Potentiellement, le travail de chacun peut être valorisé grâce, par exemple, à la réduction du nombre des tâches administratives répétitives ou l’absence de classement physique des documents. Notons toutefois que la dématérialisation peut parfois aboutir à l’inverse des objectifs recherchés (multiplication des impressions inutiles de documents, extension de certaines tâches etc.).
C : La désintermédiation / ré-intermédiation
La désintermédiation est un phénomène économique et commercial qui se traduit par la réduction ou la suppression des intermédiaires dans un circuit de distribution.
La désintermédiation ne doit pas être confondue avec un phénomène proche qui est celui de la désintermédiation /ré-intermédiation qui se traduit par la suppression (ou la réduction d’activité) d’intermédiaires historiques par de nouveaux intermédiaires qui sont souvent des plateformes Internet.
A titre d’exemple, le transport aérien connait à la fois un phénomène de désintermédiation par la vente directe des compagnies, mais également et surtout, un phénomène de ré-intermédiation par le biais des agences Internet / comparateurs (Govoyages, Voyages-SNCF, etc.
Bien sûr Google est le principal intermédiaire (entre 50 et 60% du trafic des sites marchands).
Il y a également les différents moteurs de shopping : Kelkoo, Shopping.com, … Les clients peuvent comparer très facilement les produits et les prix. Ces moteurs construisent de grandes bases de données contenant des millions de produits
[nextpage title= » … suite »]
II : L’économie collaborative
Le développement de formes nouvelles d’échange économique remet en question l’économie d’échanges.
Sans contredire fondamentalement les mécanismes du capitalisme, l’économie collaborative opère une hybridation entre coopération et marché qui répond à la crise actuelle de la croissance marchande.
Définition :
L’économie collaborative est une économie de pair à pair. Elle repose sur le partage ou l’échange entre particuliers de biens (voiture, logement, parking, perceuse, etc.), de services (covoiturage, bricolage, etc.), ou de connaissances (cours d’informatique, communautés d’apprentissage, etc.), avec échange monétaire (vente, location, prestation de service) ou sans échange monétaire (dons, troc, volontariat), par l’intermédiaire d’une plateforme numérique de mise en relation.
Source : http://www.vie-publique.fr
L’Economie du partage
BlaBlaCar représente la parfaite illustration de l’économie collaborative dans la mesure où on associe partage des ressources, écologie et lien social. D’autres exemples sont nombreux tels que la mise à disposition sur réservation d’un logement, d’une place de parking, d’un lave-linge, etc…
La renaissance du troc et la mutualisation des compétences :
Deux heures de cours de Maths contre un dépannage automobile, des conseils de jardinage en contrepartie d’une pose de papiers peints… les exemples se déclinent à l’infini, le plus souvent sans aucune monétisation des services rendus.
Les espaces de co-working illustrent le partage de compétences. Les espaces de coworking cherchent à stimuler l’activité économique en favorisant le lien social entre professionnels et en mutualisant les savoir-faire.
Exemples de coworking
Au centre-ville de Poitiers, ZeBocal a pris place dans un appartement de 106 mètres carrés. Ce dernier a été entièrement repensé et réaménagé pour optimiser la productivité individuelle, mais aussi l’échange. Cet espace s’adresse tout particulièrement aux freelances et indépendants issus du monde du graphisme et du multimédia.
Le Vaisseau est le tout premier espace de coworking à avoir ouvert dans la région Poitou-Charentes. Aujourd’hui fort de deux espaces supplémentaires à Niort et La Rochelle, il mise sur la diversité des profils et des expériences de ses locataires. Sa politique : pas de spécialisation, ni de ségrégation. Micro-entrepreneurs, étudiants, travailleurs numériques, artisans, artistes… Le Vaisseau est ouvert à tous !
Dans la même région, la Kabane propose 100 mètres carrés dédiés au travail collaboratif en plein centre d’Angoulême, à deux pas de La Madeleine. Nichée dans un vieil immeuble en pierre à l’atmosphère cosy et feng shui, elle accueille en particulier les entrepreneurs travaillant dans le domaine des services.
Enfin, Arrêt Minute, logé au cœur des vignes à Pomerol en Gironde, est né d’un projet solidaire entre des entrepreneurs locaux en 2010. Ce lieu de travail alternatif à l’ambiance de la maison et à celle de l’entreprise, où chacun reste libre de s’organiser comme il veut, a été récemment complété par un deuxième espace, dans la commune toute proche de Coutras. Ceci est la preuve que le coworking peut aussi trouver sa place en milieu rural !
Source : http://www.dynamique-mag.com
Le crowdfounding ou financement participatif
Le financement participatif consiste à financer un projet ou une entreprise en collectant de petites sommes d’argent auprès d’un grand nombre de personnes, généralement via Internet. Le crowdfunding est une forme de crowdsourcing et de finance alternative.
Bien que des concepts similaires puissent également être exécutés via des abonnements par correspondance, des événements bénéfice et d’autres méthodes, le terme crowdfunding fait référence à des registres via Internet.
Ce modèle moderne de financement participatif repose généralement sur trois types d’acteurs: l’initiateur du projet qui propose l’idée ou le projet à financer, les individus ou les groupes qui la soutiennent, et une organisation modératrice (la « plate-forme ») parties ensemble pour lancer l’idée.
Exemples de sites de crowfunding :

Annexe :
L’économie collaborative : un modèle socio-économique à part entière :
L’économie collaborative diffère des modèles économiques traditionnels dans le sens où elle met en avant l’usage des biens plutôt que leur possession, le lien entre les personnes comme dimension sociale et les préoccupations environnementales. De ce point de vue, cette forme de modèle économique pointe du doigt la sous-utilisation et le gaspillage des sociétés de consommation. Les particularités de l’économie collaborative sont aussi de proposer, d’une part, des prix attractifs liés à la mutualisation des moyens et, d’autre part, de favoriser les retours d’avis des consommateurs via Internet ou les applications mobiles.
Le développement de l’économie collaborative remet en question un certain nombre de piliers de l’économie dite traditionnelle. Elle contribue en effet à l’émergence de nouvelles formes d’emploi telles que l’auto-entreprenariat, le portage salarial ou le travail (très) temporaire. Les revenus de l’économie collaborative sont aussi difficiles à intégrer dans le système fiscal actuel qui devra certainement être revu en conséquence. Ce modèle socio-économique trouve un écho favorable dans un contexte de crise économique où les particuliers recherchent à faire des économies ou à se procurer des revenus supplémentaires. De plus, le chômage élevé incite de plus en plus de personnes sans emploi à proposer leurs biens ou leurs services dans le cadre de l’économie collaborative.
Source : https://www.economie-magazine.com